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LA HAUTE SAÔNE ET SES BEAUX VILLAGES

SEVEUX.3- L'industrialisation...

20 Octobre 2015, 08:36am

Publié par Patrick Mathie

un patouillet
un patouillet

A l'ouest du village, en bordure de Saône se dressent encore d'anciens bâtiments d'usines, témoins d'un passé industriel.

La conjonction de 3 éléments a permis de développer rapidement l'industrie du fer en Haute Saône: les gisements de minerai de fer, les forêts, l'eau.

L'exploitation du minerai de fer s'est développée dès le XVéme siècle dans les villages. Après extraction dans des mines, le minerai était lavé dans les patouillets pour éliminer la terre et le limon.

Les nombreuses forêts permettaient la production de charbon de bois, combustible utilisé dans les hauts fourneaux produisant de la fonte.

L'énergie hydraulique maîtrisée et canalisée faisait tourner des roues à aubes actionnant les martinets et pilons de forge.

Un quatrième élément fort important pour l'essor d'une production industrialisée c'est l'argent ! Il n'est donc pas étonnant de constater que c'est le Duc de Marmier, seigneur de Ray et autres lieux qui obtint l'autorisation d'ériger une forge à Seveux.

"L'usine métallurgique est construite en vertu de lettres patentes accordées à François René de Marmier le 23 août 1683.

L'emplacement avait été occupé, peut-être dès le 15e siècle, par une forge et un haut fourneau, mais cet établissement métallurgique disparaît dans le courant du 16e siècle.

Composée d'un haut fourneau et d'une forge, avec halle à charbon, magasin, logements et moulin, l'usine est affermée en 1686 à Jean Bruelle et Henriette Cornu pour 3400 livres par an.

En 1788, l'usine produit 1000 milliers de fonte et 700 milliers de fer. La famille de Marmier reste propriétaire de la forge après la Révolution française. Elle demande en 1830 un titre légal pour son usine, en prévision des agrandissements qu'elle se propose de réaliser. L'établissement comprend à cette date un haut fourneau - qui produit 900 t de fonte par an-, une forge composée de trois feux d'affinerie produisant annuellement 500 t de fer, deux gros marteaux, un feu de martinet et un petit marteau, une soufflerie pour les feux et le martinet, et deux patouillets (lavoirs à charbon). Le projet d'ajouter "trois fours à réverbère dits à puddler, deux gros marteaux pour forger le fer et une soufflerie auxiliaire" n'aboutit pas.

L'usine reste sans activité entre 1839 et 1849.

L'ordonnance royale du 8 février 1850 autorise le marquis de Marmier à maintenir en activité son usine à fer composée d'un haut fourneau, de deux patouillets et d'un moulin.

En 1859, l'usine produit, à partir des 280 t de fonte du haut fourneau, 215 t de "fers fins de Comté" et consomme 1500 m3 de charbon de bois...

Coupe du haut fourneau de Renaucourt dans l'usine métallurgique,puis filature de laine, puis laiterie industrielle, actuellement usine de matériel agricole

Coupe du haut fourneau de Renaucourt dans l'usine métallurgique,puis filature de laine, puis laiterie industrielle, actuellement usine de matériel agricole

Le bâtiment du haut fourneau de Seveux en 2008. Crédit photo Mongreville, Jérôme	© Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, 2008

Le bâtiment du haut fourneau de Seveux en 2008. Crédit photo Mongreville, Jérôme © Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, 2008

Plan de l'usine du Duc de Marmier située sur une dérivation de la Saône: le canal de la forge.

Plan de l'usine du Duc de Marmier située sur une dérivation de la Saône: le canal de la forge.

...Le haut fourneau cesse son activité vers 1875, aussitôt acheté par la papeterie Outhenin-Chalandre Fils et Cie, établie dans le village voisin de Savoyeux .

Le 24 août 1877, cette société est autorisée à établir une fabrique de pâte à papier sur le site du haut fourneau. Un nouveau bâtiment d'eau est édifié dès 1876, et des ateliers de fabrication sont construits sur la rive droite du bief de dérivation. La halle à charbon orientale est convertie en logement ouvrier. L'usine se spécialise dans la fabrication de pâtes fines à la soude, utilisant le bois blanc et la paille de blé. Elle serait la première à produire en France, dès 1884, de la pâte à base d'alfa. La matrice cadastrale signale un agrandissement de l'usine et diverses constructions (chantier, hangar et logements ouvriers) entre 1890 et 1892.

En 1900, la production quotidienne permet de fabriquer 12 à 15 t de papier. Elle atteint 300 à 400 t de pâte à papier en 1918. L'usine de pâte à papier ferme ses portes en juillet 1931.

A l'exception de la centrale hydroélectrique qui est exploitée par un particulier, les bâtiments sont progressivement cédés, à partir de 1948, à l'Union des Caves Coopératives d'Affinage de Fromages de Haute-Saône, puis l'Union Coopérative d'affinage de Franche-Comté (UCAFCO). Des pièces d'affinage sont construites à l'ouest dans les années 1970. La cheminée a été abattue vers 1981. La société d'affinage, reprise par le groupe Entremont, quitte les lieux vers 2003. Outre la centrale hydroélectrique, les bâtiments sont occupés par une fabrique de palettes et un magasin d'artisanat.

En1859, le feu d'affinerie, le marteau d'étirage et la machine soufflante sont actionnés par deux roues hydrauliques, établies en 1850. Le décret de réglementation du 16 juillet 1863 autorise le sieur de Marmier à rétablir le feu de forge. En 1900, l'énergie motrice est assurée par une machine à vapeur et une turbine. En 1918, l'usine dispose d'une puissance hydraulique de 90 ch. En 1938, les turbines (de la centrale hydroélectrique ?) développent une puissance de 200 ch.
L'usine de pâte à papier emploie 128 hommes, 7 femmes et 2 enfants en 1893, et 140 personnes en 1
914."

Source: Patrimoine Culturel.

Les papeteries Outhenin Chalandre avaient des usines à Savoyeux, Seveux, Geneuille, Deluz et Chevroz.

Les papeteries Outhenin Chalandre avaient des usines à Savoyeux, Seveux, Geneuille, Deluz et Chevroz.

Les usines de fonderie, puis de pâte à papier reconverties en caves d'affinage

Les usines de fonderie, puis de pâte à papier reconverties en caves d'affinage

Les Usines vers 1900

Les Usines vers 1900

Vestiges des usines aujourd'hui

Vestiges des usines aujourd'hui

SEVEUX.3- L'industrialisation...
La sortie des usines

La sortie des usines

Les logements ouvriers

Les logements ouvriers

Une particularité: les logements ouvriers n'étaient pas dotés de toilettes. Le bâtiment carré au premier plan constituait les "lieux d'aisance" des cités !

Une particularité: les logements ouvriers n'étaient pas dotés de toilettes. Le bâtiment carré au premier plan constituait les "lieux d'aisance" des cités !

Les cités ouvrières aujourd'hui. ( les lieux d'aisance ont été rasés dans les années 80 !)

Les cités ouvrières aujourd'hui. ( les lieux d'aisance ont été rasés dans les années 80 !)

Le four à chaux. La chaux était utilisée pour le blanchiment de la pâte à papier

Le four à chaux. La chaux était utilisée pour le blanchiment de la pâte à papier

....et ce qu'il en reste aujourd'hui !

....et ce qu'il en reste aujourd'hui !

La Saône, le pont, les usines et le village de Seveux il y a une cinquantaine d'années....

La Saône, le pont, les usines et le village de Seveux il y a une cinquantaine d'années....

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