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LA HAUTE SAÔNE ET SES BEAUX VILLAGES

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

28 Mai 2016, 07:19am

Publié par Patrick Mathie

Il serait plus juste de parler "des Ecoles et des Mairies" de Ray, car la Mairie actuelle et l'école des garçons désaffectée qui la jouxte étaient autrefois situées, rue de l'Abreuvoir, en bord de Saône, dans le bâtiment aujourd'hui propriété de Monsieur Ghesquier, Maire honoraire de la commune. L'école des filles, elle, se situait dans une aile du bâtiment de "la Fabrique" actuelle salle polyvalente.

Avant de s'intéresser à l'éducation et au service de l'Etat à Ray il n'est pas inutile de se replacer dans le contexte de l'Ancien Régime et de la période post-révolutionnaire  jusqu'à nos jours.

 

L'école ( ancienne salle de Mairie) en cours de restauration en mai 2016 et le bâtiment de la future Mairie ( autrefois Mairie et logement de l'instituteur)L'école ( ancienne salle de Mairie) en cours de restauration en mai 2016 et le bâtiment de la future Mairie ( autrefois Mairie et logement de l'instituteur)

L'école ( ancienne salle de Mairie) en cours de restauration en mai 2016 et le bâtiment de la future Mairie ( autrefois Mairie et logement de l'instituteur)

La Mairie et l'Ecole, symboles d'affirmation de la République ( 1880-1920).

 La mairie, appelée « maison commune » dans les campagnes devient véritablement le centre de la vie civique locale. Le conseil municipal est désigné au suffrage universel et choisit en son sein le maire de la commune. La mairie est le lieu de vote lors des échéances électorales . C’est aussi le lieu de célébration des mariages. Siège d’institutions républicaines, lieu de pouvoir, la mairie a aussi une fonction symbolique. 

Avec la mise en place des lois Ferry rendant l’enseignement primaire gratuit et obligatoire jusqu’à 13 ans (1881-1882), les communes reçoivent aussi l’obligation de se doter d’une école publique laïque. Dans beaucoup de communes, on construit un local municipal qui est à la fois mairie et école. La forme la plus répandue est la mairie dans un corps central et dans des ailes symétriques l’école des filles et l’école des garçons. Peuvent s’y ajouter des logements de fonction pour les instituteurs et institutrices. Le fronton de la mairie porte souvent mention de la devise de la République : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

La figure de Marianne, allégorie de la République, est présente à l’extérieur ou à l’intérieur des mairies. Ces ensembles, ajoutent au caractère monumental des hôtels de ville et affirment la présence de la République sur le territoire national.

Avec les écoles-mairie ou mairie-écoles ou encore mairie-lavoirs, la République s’implante dans les campagnes.

 

L’école incarne la politique d’instruction de la IIIe République. C’est à la mairie et à l’école que se fait l’éducation des citoyens. La fréquentation des ensembles mairie-école familiarise les milieux ruraux à la démocratie et à l’idée républicaine.

La naissance du mouvement hygiéniste conduit à l'édification de Mairies -lavoirs : la Mairie située au-dessus du lavoir apporte sa caution républicaine à la propreté et à l'hygiène corporelle et vestimentaire!

 

Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.
Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.
Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.
Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.
Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.

Mairies- lavoirs de Beaujeu, Bouligney, Bucey les Gy, Dampierre sur Salon, Mailleroncourt St Pancrace.

C'est la Mairie et l'Ecole qui, dans les villages symbolisent la République.

Le Maire en incarne l'Autorité administrative tandis que l'Instituteur se doit d'être le détenteur de l'autorité morale face à l'autorité religieuse de l'Eglise qui prévalait jusque là. Le drapeau tricolore, le buste de Marianne, la devise républicaine affirment les valeurs républicaines dans une sorte de "catéchisme laïc" qui s'oppose à la statuaire des églises et aux enseignements de la religion.

Mairie Ecole de Fresne Saint Mamès 70 . Buste de Marianne, symbole de la République. Devise de la République adoptée une première fois en 1848 puis définitivement en 1879.
Mairie Ecole de Fresne Saint Mamès 70 . Buste de Marianne, symbole de la République. Devise de la République adoptée une première fois en 1848 puis définitivement en 1879.
Mairie Ecole de Fresne Saint Mamès 70 . Buste de Marianne, symbole de la République. Devise de la République adoptée une première fois en 1848 puis définitivement en 1879.

Mairie Ecole de Fresne Saint Mamès 70 . Buste de Marianne, symbole de la République. Devise de la République adoptée une première fois en 1848 puis définitivement en 1879.

Mairies et écoles sont aussi des symboles au cœur des combats de la République.

Les choix décoratifs des mairies traduisent les conflits. A Saint-Chamas 13 , mairie et église monumentales qui se font pratiquement face illustrent par le défi lancé la querelle sur la laïcité. Le régime anti-républicain mis en place par le Maréchal Pétain après la défaite de la France en 1940 s’attaque aux symboles les plus évidents des mairies, comme le buste de Marianne . L’architecture des mairies et des écoles traduit une forme d’expression artistique spécifique qui permet la constitution d’un patrimoine républicain.

Ces symboles de la République côtoient parfois de manière curieuse des édifices religieux: à Frédéric Fontaine 70, on peut  voir le seul bâtiment de France à la fois mairie, logement de l'Instituteur et temple protestant luthérien! A Recologne les Ray c'est la chapelle et la Mairie qui font "murs communs"!

Le "triptyque républico-religieux" de Frédéric Fontaine et la Chapelle-Mairie de Recologne les Ray .
Le "triptyque républico-religieux" de Frédéric Fontaine et la Chapelle-Mairie de Recologne les Ray .

Le "triptyque républico-religieux" de Frédéric Fontaine et la Chapelle-Mairie de Recologne les Ray .

Une école uniformisée sur le territoire national.

 

Les Autorités ministérielles et rectorales établissent un cahier des charges strict pour les architectes chargés de la construction des "écoles.

 

INSTRUCTION SPECIALE concernant la construction, le mobilier et le matériel d'enseignement des écoles primaires élémentaires (18 janvier 1887):

 

L'école primaire élémentaire comprend :

1° Un vestiaire distinct ou un vestibule pouvant servir de vestiaire;

2° Une ou plusieurs classes ;

3° Un préau couvert avec gymnase et, s'il y a lieu, un petit atelier pour le travail manuel élémentaire ;

4° Une cour de récréation et un jardin, partout ou il sera possible 

5° Des privés ( wc) et des urinoirs ;

6° Un logement pour l'instituteur ou l'institutrice et, s'il y a lieu, des logements pour les adjoints ou les adjointes ;

…..

Conditions générales.

ARTICLE PREMIER. — Le terrain destiné à recevoir une école doit être central, bien aéré, d'un accès facile et sûr, éloigné de tout établissement bruyant, malsain ou dangereux, à 100 mètres au moins des cimetières. (…)

ART. 2. — La superficie du terrain sera évaluée à raison de 10 mètres environ par élève ; elle ne pourra toutefois avoir moins de 500 mètres. L'école et ses annexes seront entourées d'une clôture.

ART. 3. — La disposition des bâtiments sera déterminée suivant le climat de la région, en tenant compte des conditions hygiéniques, de l'exposition, de la configuration et des dimensions de l'emplacement, des ouvertures libres sur le ciel, et surtout de la distance des constructions voisines.

ART. 4. — Dans les communes où le même bâtiment contiendra l'école et la mairie, les deux services devront être complètement séparés. Aucun service étranger à l'école ne pourra être installé dans les bâtiments scolaires. (…)

 

 

Plans de l'Ecole de Villefranque dans les Hautes Pyrénées. Dans chaque département français, les instituteurs ont eu pour mission de dessiner les plans des écoles pour l'Exposition Universelle de 1889, afin de faire valoir l'enseignement français aux yeux du monde.
Plans de l'Ecole de Villefranque dans les Hautes Pyrénées. Dans chaque département français, les instituteurs ont eu pour mission de dessiner les plans des écoles pour l'Exposition Universelle de 1889, afin de faire valoir l'enseignement français aux yeux du monde.
Plans de l'Ecole de Villefranque dans les Hautes Pyrénées. Dans chaque département français, les instituteurs ont eu pour mission de dessiner les plans des écoles pour l'Exposition Universelle de 1889, afin de faire valoir l'enseignement français aux yeux du monde.
Plans de l'Ecole de Villefranque dans les Hautes Pyrénées. Dans chaque département français, les instituteurs ont eu pour mission de dessiner les plans des écoles pour l'Exposition Universelle de 1889, afin de faire valoir l'enseignement français aux yeux du monde.

Plans de l'Ecole de Villefranque dans les Hautes Pyrénées. Dans chaque département français, les instituteurs ont eu pour mission de dessiner les plans des écoles pour l'Exposition Universelle de 1889, afin de faire valoir l'enseignement français aux yeux du monde.

La mairie-école, lieu d’apprentissage de la démocratie dans les campagnes.

C'est par l'une et par l'autre (la mairie et l’école) que la démocratie s'est implantée solidement dans les milieux ruraux, que l'idée républicaine, d'abord accueillie avec réserves, et même avec hostilité, est devenue familière, et que la vie laïque a pu rayonner dans un pays aux si fortes traditions catholiques. [...]

Cette mairie, centre modeste d'une vie civique encore rudimentaire, a naturellement pour voisine cette école où commence l'éducation des citoyens de demain. Nulle ligne de discontinuité : l'homme fait, sacré souverain de la cité, franchit le même seuil que dix ou vingt ans plus tôt, lorsqu'il faisait son apprentissage intellectuel et moral. L'une ne va pas sans l'autre : elles sont indissolublement liées dans leur essence, comme dans leur but; deux institutions sœurs se prêtant secours, l'une servant d'assise et éclairant l'autre qui veille à sa prospérité matérielle, à son rayonnement moral.

Bataillons de scolaires défilant place de la République à Paris Les instituteurs transmettent non seulement un savoir, mais aussi la foi laïque et républicaine. De fait, on rencontre souvent chez eux une ardeur, une conviction, une abnégation qui ont beaucoup aidé à installer durablement l'idéal républicain Ainsi l'école primaire a profondément ancré dans les esprits une morale, un esprit civique et un patriotisme, en plus des compétences de bases que sont la lecture, l'écriture et le calcul.

Bataillons de scolaires défilant place de la République à Paris Les instituteurs transmettent non seulement un savoir, mais aussi la foi laïque et républicaine. De fait, on rencontre souvent chez eux une ardeur, une conviction, une abnégation qui ont beaucoup aidé à installer durablement l'idéal républicain Ainsi l'école primaire a profondément ancré dans les esprits une morale, un esprit civique et un patriotisme, en plus des compétences de bases que sont la lecture, l'écriture et le calcul.

Le développement de l'Ecole Elémentaire.

 

Sous la Monarchie et l'Ancien Régime

Avant la Révolution de 1789, L'enseignement élémentaire, celui où on apprend à lire, écrire et compter, a longtemps relevé de l'initiative privée. Les familles les plus fortunées engageaient un précepteur qui instruisait voire éduquait leurs enfants.

Dans quelques villages, des prêtres catholiques, eux aussi sous-formés jusqu'au milieu du XVI ème siècle, faisaient quelques heures de cours en hiver pour les enfants des paysans. Cependant Louis XIV en lutte pour éliminer le protestantisme de son royaume, s'intéresse à l'enseignement élémentaire. En 1698, il ordonne à chaque communauté villageoise d'ouvrir une école dont le maître sera un prêtre catholique ou une personne choisie par le prêtre.

L'ordre est renouvelé par Louis XV en 1724. Un peu partout des écoles de villages ou de quartiers s'ouvrent. Cependant, le taux d'alphabétisation reste faible. À la veille de la révolution de 1789, seuls 47% des hommes et 27% des femmes savaient signer le registre de mariage.

Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français  Maître d'école en
Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français  Maître d'école en
Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français  Maître d'école en
Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français  Maître d'école en
Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français  Maître d'école en

Chardin1735: La jeune préceptrice donne un cours particulier. Hallé: Education des pauvres.Livre d'étude du français Maître d'école en

Sous la Première République

 

Pendant la révolution de 1789, de nombreux projets d'organisation de l'enseignement, sans intervention de l'Église catholique, sont proposés par Talleyrand, Condorcet, Lakanal et Daunou. Mais la période très troublée et le manque dramatique de moyens financiers ne permirent pas l'installation d'un système d'instruction élémentaire.

 

Sous le Premier Empire

Napoléon Ier ne s'intéresse qu'à l'enseignement secondaire et à l'enseignement supérieur. Cependant, les congrégations religieuses spécialisées dans l'enseignement, qui avaient été chassées pendant la Révolution, sont autorisées à revenir. Les Frères des écoles chrétiennes ouvrent de nombreuses écoles.

 

Frère de l'Enseignement de la doctrine Chrétienne, maître d'école

Frère de l'Enseignement de la doctrine Chrétienne, maître d'école

Pendant la première moitié du XIXe siècle

Deux ordonnances de Louis XVIII imposent l'ouverture d'une école de garçons puis d'une école de filles dans chaque commune. Mais elles seront peu appliquées. Sous la Restauration on ouvre des écoles d'enseignement mutuel.

En 1833, la loi proposée par Guizot est le premier pas important dans le développement de l'enseignement élémentaire. Elle oblige chaque commune de plus de 500 habitants à ouvrir une école publique de garçons. En 1836, une nouvelle loi permet aux communes volontaires d'ouvrir une école publique de filles. Mais ce n'est qu'en 1850, que la loi Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école publique de filles. Cette loi organise le contrôle du recrutement des maîtres et de l'enseignement par l'Église catholique. En 1867, la loi proposée par Victor Duruy, permet aux communes qui le désirent de financer l'école pour les pauvres. Le résultat de toutes ces mesures est spectaculaire. Vers 1875, 78% des hommes et 66% des femmes savaient signer le registre des mariages.

Salle d'asile vers 1850.

Salle d'asile vers 1850.

Sous la Troisième République

Le plus gros de l'effort de scolarisation étant accompli, il reste à persuader les familles récalcitrantes (le plus souvent par manque de moyens financiers) d'envoyer leurs enfants à l'école.

En 1881, le républicain Jules Ferry, fait voter une loi établissant la gratuité de l'enseignement élémentaire public. L'école étant désormais gratuite on peut la rendre obligatoire.

C'est l'objet d'une seconde loi Jules Ferry en 1882. la scolarité est alors fixée de 6 à 13 ans (quelquefois 12 pour les élèves les plus brillants qui peuvent passer le Certificat d'études primaires dès leur onzième année !). La neutralité de l'Ecole publique et l'abandon de l'enseignement religieux pendant le temps scolaire sont affirmés. Les instituteurs deviennent les fameux "hussards noirs" de la République.

 

Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand (43 ans) fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l'État.

La loi s'applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d'Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l'Église catholique, l'un et l'autre se disputant le magistère moral sur la société.

En 1936, pendant le Front populaire, la scolarité obligatoire est portée à 14 ans (loi Jean Zay). Déjà en 1911, 96% des 20-24 ans étaient alphabétisés. Désormais c'est sur le nombre de jours scolaires dans la semaine et l'année que va porter l'effort de scolarisation. Depuis Jules Ferry, en plus du repos du dimanche, un jour de la semaine (le jeudi) était laissé à la disposition des familles. Les enfants travaillaient donc cinq jours sur sept.

Depuis l'ordonnance n°59-45 du 6 janvier 1959, la scolarité est prolongée jusqu'à l'âge de 16 ans révolus.

Puis la présence scolaire du samedi après midi est supprimée.

Enfin à la rentrée 2008, à l'école élémentaire, le samedi devient totalement sans classe.

1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..
1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..

1 Caricature de Jules Ferry "croquant un curé en pain d'épices".Suite: Ecole fin du XIXème siècle et début du XXème..

LES FILLES EXCLUES DE LA SCOLARITE

Avant 1870, les filles sont exclues de l'enseignement donné aux garçons.

Source: back.ac-rennes.fr (Académie de Rennes)

Considérées comme inférieures comme on peut le lire dans manuels d'éducation fémimine, elles sont confinées dans un rôle traditionnel : "tout est fait pour conforter la petite fille dans sa faiblesse.Elle sort peu, on lui interdit les jeux dit de garçons, elle joue avec une balle en laine filée moins lourde et moins dangereuse car les exercices violents sont incompatibles avec les natures délicates".

Fin XIXème - début XXème elles sont éduquées pour les travaux ménagers, la cuisine, le ménage, apprendre à s'occuper d'un nourisson....Tout cela en vue uniquement de les marier pour qu'elles forment de "parfaites ménagères".

Elles apprennent la vie pratique et utilitaire. L' enseignement dispensé n'a aucun lien avec le savoir intellectuel. Les écoles de la première moitié du XIXème siècle forment donc les jeunes filles pour devenir des femmes chrétiennes, des épouses aimables, des mères tendres, des économes attentives dans la plus grande tradition de la France du XIX° siècle.

"Former de meilleures mères" 
"[...] Je sais que plus d'une femme me répond : mais à quoi bon toutes ces connaissances, tout ce savoir, toutes ces études ? A quoi bon ? Je pourrais répondre : à élever vos enfants, et ce serait une bonne réponse, mais comme elle est banale, j'aime mieux dire : à élever vos maris. L'égalité de l'éducation, c'est l'unité reconstituée dans la famille.", déclarait en 1870 Jules Ferry, futur ministre de l'instruction publique et des Beaux-Arts. 


Le ton est donné ! Celui qui instituera l'école gratuite, obligatoire et laïque une décennie plus tard va ouvrir en 1880 l'école aux filles ... sous conditions. C'est une avancée en demi teinte. Car, l'éducation des filles doit répondre à un but précis : devenir de "meilleures" femmes au foyer. Les matières sont donc différentes de celles enseignées aux garçons : lecture, écriture, une nouveauté pour des filles autrefois analphabètes. Mais surtout broderie, couture, musique, chant, dessin, peinture, ou religion dans les écoles privées tenues par les nonnes. Pour l’Église, les femmes sont gages de présence des valeurs catholiques au sein de la famille. Les écoles de filles se multiplient. Les manuels de bonne conduite prônant l'idéal de la fille "fée du logis" pullulent et"bercent" toute une société.

La fabrique des filles. L'éducation des filles de Jules Ferry à la pilule (Les Éditions Textuel, 2014), de Rebecca Rogers etFrançoise Thébaud

 

La Révolution de 1789 ne semble pas avoir laissé de traces car elle fut avant tout une histoire d'hommes et de bourgeois en particulier qui considéraient la femme comme avant tout une mère et une épouse.

Après 1850, l'enseignement secondaire des filles devient l'affaire de débats politiques. La nature des écoles change: les rares établissements laïcs sont financièrement plus fragiles et cèdent la place aux pensions religieuses jusque dans les années 1880.

 

Les matières enseignées:

Les matières enseignées ne sont pas nombreuses, mais elles ne sont pas les mêmes selon le sexe... Le sexisme scolaire et intellectuel est révélateur des mentalités de l'époque.

-langue et littérature francaise

-histoire et géographie

- morale, dessin, écriture, musique et couture

I'enseignement est avant tout littéraire, civique et politique tout en étant pratique pour les filles.

Elles ne sont pas l'égal des garçons, pas de latin, et peu ou pas de sciences. La distinction sciences / lettre est donc en marche : sciences pour les garçons et lettres pour les filles.

 

1 La classe de couture en Bretagne. 2 La petite Marthe est une bonne ménagère ( Image d'Epinal).
1 La classe de couture en Bretagne. 2 La petite Marthe est une bonne ménagère ( Image d'Epinal).

1 La classe de couture en Bretagne. 2 La petite Marthe est une bonne ménagère ( Image d'Epinal).

LA NAISSANCE D'UNE ECOLE OUVERTE AUX FILLES CERTES, MAIS AVEC UN ENSEIGNEMENT SPECIFIQUE !

Du XIXème à la première moitié du XXème siècle, pendant près d'une centaine d'années, en dépit des lois qui instaurent l'enseignement obligatoire, les mentalités ne changent guère: les filles sont toujours considérées comme le précise la citation suivante:

 "Donner la même éducation aux filles et aux garçons, c'est confondre ce que la nature, le bon sens, l'ordre, la société, la religion commandent de distinguer." déclare Mgr Donnet, archevêque de Bordeaux.

La France reste donc profondément conservatrice à l'égard des jeunes filles et des femmes. L'Eglise et les politiques se chargent de maintenir les mentalités ancestrales: deux idées essentielles marquent donc cette époque:

- l'Eglise refuse l'égalité des sexes devant l'éducation et l'instruction.

- l'Eglise reste donc une barrière dans le développement de l'instruction des filles, or elle occupe toujours une place prépondérante dans notre pays car plus de 90% de la population pratique régulièrement et écoute les préceptes enseignés.  

On peut appliquer ces remarques à la "Morale Laïque" qui continue, dans un premier temps à séparer physiquement filles et garçons et à délivrer un enseignement différent aux unes et aux autres.

1 Ecole publique de filles. 2 Ecole privée confessionnelle.
1 Ecole publique de filles. 2 Ecole privée confessionnelle.

1 Ecole publique de filles. 2 Ecole privée confessionnelle.

LES ECOLES NORMALES D'INSTITUTEURS ET D'INSTITUTRICES

" La loi Guizot du 28 juin 1833 sur l’organisation de l’instruction primaire stipulait dans son article 11 : « Tout département sera tenu d’entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins. »

La loi Guizot négligeait la scolarisation des filles : ce n’est qu’en 1879, le 9 août, qu’est voté, sur la proposition de Paul Bert, alors président de la Commission de l’enseignement public à l’Assemblée, une loi faisant obligation aux départements de créer une école normale de jeunes filles avant trois ans.

28 Mars 1882 : école obligatoire et laïque.

On assiste à une uniformisation du fonctionnement de l’ensemble des Ecoles Normales

4 facteurs vont s’additionner pour en assurer l’éclat :

- la qualité des élèves recrutés après le Brevet Élémentaire pour une scolarité de 3ans marquée par de nombreux contrôles, notes et classements.

- la qualité des personnels : Directeur, Directeur adjoint, Professeurs, ont tous le CAP ; les 3 premiers sortent des ENS de St Cloud et de Fontenay.

- l’analogie entre les programmes d’enseignement à l’EN et à l’École Primaire ; seules une langue vivante et la pédagogie sont en plus.

- la conviction de tous que leur pédagogie a suffisamment de rigueur pour que le modèle « normal » soit parfaitement crédible.

La vie d’internat est difficile (uniforme, courrier contrôlé, relations ave l’extérieur très surveillées…) y compris pour les professeurs et les personnels administratifs.

Pourtant beaucoup de bonne humeur et de fêtes organisées dans l’Ecole par les élèves et les professeurs.

Une grande nouveauté cependant : l’ouverture vers l’extérieur et par ailleurs, l’extérieur entre à l’École. "

Anne Marie Cauwet, le 18 janvier 2013.http://www.maison-histoire-aphpo.fr/ 

1 Normaliens "Hussards noirs de la République Orléans.2 Normaliennes Coutances. 3 Visite des normaliens et normaliennes d'Alsace Lorraine à Avignon.4 Normaliennes en formation de cuisine..
1 Normaliens "Hussards noirs de la République Orléans.2 Normaliennes Coutances. 3 Visite des normaliens et normaliennes d'Alsace Lorraine à Avignon.4 Normaliennes en formation de cuisine..
1 Normaliens "Hussards noirs de la République Orléans.2 Normaliennes Coutances. 3 Visite des normaliens et normaliennes d'Alsace Lorraine à Avignon.4 Normaliennes en formation de cuisine..
1 Normaliens "Hussards noirs de la République Orléans.2 Normaliennes Coutances. 3 Visite des normaliens et normaliennes d'Alsace Lorraine à Avignon.4 Normaliennes en formation de cuisine..

1 Normaliens "Hussards noirs de la République Orléans.2 Normaliennes Coutances. 3 Visite des normaliens et normaliennes d'Alsace Lorraine à Avignon.4 Normaliennes en formation de cuisine..

Les écoles normales d'instituteurs et d'institutrices de Vesoul.

Les normaliennes fréquentaient le vaste bâtiment construit au pied de la Motte ( actuellement Inspection Académique de Haute Saône); les jeunes gens, eux, recevaient leur enseignement pédagogique dans un bâtiment plus exigu situé sur l'ancienne place du Marché, à proximité de l'église.

La vie des normaliennes et des normaliens était quelques peu spartiate et ne souffrait d'aucun débordements! Les écoles normales  pouvaient être considérées, au bébut, comme des "séminaires laïcs"... Il fallait que les élèves maîtres, "hussards noirs de la République" ( expression de Charles Péguy), soient irréprochables dans leur conduite afin de servir de modèle aux enfants dont ils auraient la charge à l'issue de leurs 2 ou 3 années de formation.

Ecole normale de filles ( ENF) et de garçons ( ENG bâtiment foncé au centre, à l'arrière plan). Deux "promotions" ( on disait "promos") de normaliens et normaliennes à Vesoul.
Ecole normale de filles ( ENF) et de garçons ( ENG bâtiment foncé au centre, à l'arrière plan). Deux "promotions" ( on disait "promos") de normaliens et normaliennes à Vesoul.
Ecole normale de filles ( ENF) et de garçons ( ENG bâtiment foncé au centre, à l'arrière plan). Deux "promotions" ( on disait "promos") de normaliens et normaliennes à Vesoul.
Ecole normale de filles ( ENF) et de garçons ( ENG bâtiment foncé au centre, à l'arrière plan). Deux "promotions" ( on disait "promos") de normaliens et normaliennes à Vesoul.

Ecole normale de filles ( ENF) et de garçons ( ENG bâtiment foncé au centre, à l'arrière plan). Deux "promotions" ( on disait "promos") de normaliens et normaliennes à Vesoul.

Les photos suivantes tirées d'album photos des Ecoles Normales  de Vesoul évoquent le cadre de vie des futurs institutrices (vers 1915) et instituteurs ( aux environs de 1920). Une vie assez rude matériellement car l'intimité de chacun était loin d'y être préservée!

L'Ecole Normale d'institutrices:

 

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

L'Ecole  Normale d'Instituteurs:

 

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.
Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

En 1940 le régime de Vichy supprime les E.N.

Le 18 septembre 1940 le régime de Vichy supprime les Ecoles normales et la loi du 28 novembre 1940 prévoit, qu’à l’avenir, les élèves-maîtres recrutés seront scolarisés au lycée pendant 3 ans pour préparer le baccalauréat et recevront par la suite une formation professionnelle. (Le Brevet Supérieur est supprimé)
Elie REYNIER, dans son ouvrage « Les Ecoles normales primaires de l’Ardèche », précise : 

 

« Cette suppression retentissante est la conséquence  de deux griefs officiels et réitérés, l’un politique, l’autre pédagogique.
Les E.N. étaient :
1) Des foyers de communisme
2) Des séminaires laïques, des vases clos. »

 

1 Le maréchal Pétain en visite dans une école ( radio). 2 La révolution nationale de Vichy.
1 Le maréchal Pétain en visite dans une école ( radio). 2 La révolution nationale de Vichy.

1 Le maréchal Pétain en visite dans une école ( radio). 2 La révolution nationale de Vichy.

A la Libération les ordonnances du 9 août 1944 et du 31 mars 1945 rétablissent les E.N. dans leur statut d’avant 1940.

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

En 1991: suppression des Ecoles normales.

A partir de la rentrée 1991, plus d’un siècle et demi après leur création, les Ecoles normales sont supprimées et remplacées par les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M.) C’est Lionel JOSPIN, alors ministre de l’Education Nationale, qui, dans une loi publiée le 14 juillet 1989 décide de la création des I.U.F.M.

Source : Fernand BOURRET (E.N.I Privas 1956-60)   

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

 La loi no 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République supprime les IUFM dans les Académies mais les maintient dans les vice-rectorats du Pacifique, et crée les écoles supérieures du professorat de l'éducation (ESPE). Ce sont des composantes des universités, qui ont pour mission la formation initiale et continue des enseignants. Les candidats aux concours doivent justifier d’une inscription en première année d’études en vue de l’obtention d’un master.

Ray sur Saône.14- L'Ecole et la Mairie.

L'ECOLE DE RAY SUR SAONE

En 1992, l'Ecole de Ray a été supprimée. Les élèves de Ray fréquentent désormais le regroupement pédagogique de Vellexon.

Autrefois les écoles de garçons et de filles étaient séparées:

-les garçons ont tout d'abord fréquenté l'école-Mairie sise rue de l'Abreuvoir en bordure de Saône,

-les filles recevaient un enseignement dispensé par les soeurs dans les bâtiments de la " fabrique", actuellement salle polyvalente et bureau de poste communal.

                                          L'ancienne Ecole-Mairie, rue de l'Abreuvoir

Emplacement de l'ancienne école des filles dans les locaux de la Fabrique, encore appelée maison des soeurs.

La Fabrique ou encore Maison des Soeurs, siège de l'Ecole des filles.

La salle de classe des filles se trouve à gauche. Au centre, le logement des soeurs.

La salle de classe des filles se trouve à gauche. Au centre, le logement des soeurs.

En 1851 le Conseil Municipal et son maire, le Duc de Marmier décident de faire construire un lieu d'aisance dans la cour de la Fabrique. Jusque là les filles devaient aller se soulager dans le pré derrière le bâtiment ou dans les ruelles ou les cours des maisons voisines!

 

Le 12 mai 1881,sous la mandature de M.Ramondot maire, le conseil décide la construction de deux salles de classes dans une maison du Duc de Marmier, récemment acquise.

Les deux salles de classes projetées, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles, se situaient dans les anciennes dépendances, à l'arrière de la maison échangée par le duc de Marmier et la Commune
Les deux salles de classes projetées, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles, se situaient dans les anciennes dépendances, à l'arrière de la maison échangée par le duc de Marmier et la Commune

Les deux salles de classes projetées, l'une pour les garçons et l'autre pour les filles, se situaient dans les anciennes dépendances, à l'arrière de la maison échangée par le duc de Marmier et la Commune

En 1888, les plans des écoles sont tracés par l'Instituteur, Monsieur CHALMIN, à la demande des Autorités Académiques de Haute Saône. Toutes les écoles de France doivent faire de même pour montrer la qualité du système éducatif français lors de l'exposition universelle de 1889 à Paris.

 

Les Instituteurs sont mal considérés par leur hiérarchie et par les habitants. Ils sont souvent obligés d'effectuer un deuxième métier, de sous louer une chambre de leur logement, de servir la messe à l'église car leur traitement versé par la commune est souvent très bas et les parents ne versent pas toujours les droits mensuels d'écolage en vigueur!

3J'attends beaucoup de vous. I l n'y a pour ainsi dire point de vie privée pour vous : l'Etat vous demande plus que le tribut de votre intelligence et de vos connaissances, c'est l'homme tout entier qu'il réclame .N’espérez ni gloire ni fortune et contentez vous de l'austère plaisir d'avoir servi vos frères humains, car vous n'obtiendrez rien au-delà de votre obscure et laborieuse condition".  Ainsi s'exprimait le Ministre Guizot dans une circulaire adressée aux élèves Normaliens en 1832!  

GUIZOT

GUIZOT

Les Elèves.

Le temps scolaire des élèves

Le règlement de 1887 fixe la durée des classes à

-trois heures le matin

-trois heures l'après-midi,
-un horaire hebdomadaire de 30h
- une interruption totale du jeudi pour l'instruction religieuse.

Une répartition des disciplines est même prévue pour l'ensemble de la journée de classe.

PAUL GERBOD B.É.C. 1999

 

 

De plus, ce règlement prévoit l'insertion d'une  du cours moyen, et pour les élèves du cours supérieur une récréation d'un quart d'heure le matin et l'après midi.

Etre instituteur à Ray sur Saône

La rémunération de l’Instituteur provient de deux sources: le traitement versé par la commune ( un logement doit être mis à sa disposition) et le paiement des mois d’écolage par les familles des élèves. En été et en automne, les élèves fréquentent beaucoup moins l’école car ils sont réquisitionnés ,par leurs familles ,pour aider aux travaux des champs.

Le 9 mai 1817, le Conseil Municipal de Ray se réunit pour fixer le montant du traitement de l’Instituteur et celui du paiement des mois d’écolage:

"il a été décidé d’une voix unanime, qu’indépendamment d’un logement composé de deux chambres seulement, sans aucune autre aisance, il serait accordé au dit instituteur, après l’autorisation de Monsieur le Préfet, une somme de cent vingt francs par an et ensuite les mois d’écolage, fixés aux taux suivants:

-pour les commençants vingt cinq centimes par mois,

-pour ceux qui apprennent à lire et à écrire, cinquante centimes

-pour ceux qui indépendamment de la lecture et de l’écriture apprennent l’arithmétique soixante quinze centimes…. »

 

 

 

1852. LA MAIRIE ECOLE DES BORDS DE SAÔNE ETANT INSALUBRE ON ENVISAGE DE LA TRANSFERER EN UN AUTRE LIEU...

Un projet d’échange de cette bâtisse avec la "Maison Cordienne" et un petit bâtiment  des "frères Gérard" permettrait de placer l’école ainsi que la Mairie au centre du village, près de l'Eglise, du presbytère, de l'école des soeurs et du lavoir ( un centre administratif moderne, en somme!) ….

Des plans sont établis pour aménager la maison Cordienne:

 

Mais 6 Conseillers municipaux et des habitants mécontents lancent une pétition ( déjà à l'époque!) pour faire retirer le projet...

 

Affiche-pétition des 6 conseillers municipaux opposés au projet.

Les inconvénients matériels y sont décrits.On retiendra surtout que l'aspect financier est le plus important car les propriétaires Cordienne et Gérard échangeaient bien leurs maisons contre la maison commune des bords de Saône, mais la commune devait leur verser en plus une somme de 1200 francs pour acquérir "des ruines"!

Le vote des habitants,  lors de la consultation prévue par la Loi, conduira à retirer le projet.

La maison "Cordienne" en 2017.

 

ENFIN! LA NOUVELLE ECOLE ET LA NOUVELLE MAIRIE.

Il aura fallu attendre 28 ans après l’échec de la consultation des habitants pour que,le 12 mai 1881, sous la mandature de M .Ramondot, maire, le conseil décide la construction de deux salles de classes dans une maison du Duc de Marmier, récemment acquise .

Les plans ont été établis en mai 1881 par l’architecte Colard de Soing.

La partie gauche de l’ensemble, appartenait au Duc de Marmier.

Ci dessous, seul le plan du Rez de chaussée est représenté.

Le Duc de Marmier a échangé la maison contiguë à la maison de soeurs avec la commune de Ray, contre un terrain communal de 5 hectares en limite du territoire de  Vanne. Elle se compose d'une maison d'habitation d'une cour, de dépendances ( grange, écuries) situées à l'arrière. La Mairie, une bibliothèque et le logement de l'instituteur se situeront dans la maison d'habitation, tandis que les 2 salles de classes seront construites dans les dépendances, avec accès  et cour séparés pour les filles et les garçons.

Les deux salles de classes, garçons et filles.

 

LES ELEVES DE RAY

La loi de 1882 oblige les Maires à dresser la liste des enfants de 6 à 13 ans qui doivent fréquenter l’école . Il en remet un exemplaire au Directeur d’Ecole et un exemplaire à l’Inspecteur d’Académie. L’Instituteur établi chaque mois la liste des élèves absents au-delà de 4 demi journées d’absences et la transmets aux Autorités hiérarchiques.

 

 

Liste des élèves des écoles de Ray en 1882, signée par le Maire Duc de Marmier.

Listes des élèves absents de Mars 1883. La liste des absences garçons est signée par l'instituteur Monsieur Chalmain, celle des filles par Soeur Thomaïde Gabet, religieuse.

L'absentéisme des garçons semblait moins important que celui des filles... Celles-ci devaient aider souvent aux tâches ménagères quotidiennes. Les absences des garçons et des filles étaient plus conséquentes en été et en automne au moment des récoltes. L'agriculture avait besoin de bras!

 

LE TEMPS SCOLAIRE DES ELEVES

Le règlement de 1887 fixe la durée des classes à

-trois heures le matin.

-trois heures l'après-midi.
-un horaire hebdomadaire de 30h.
-une interruption totale du jeudi pour l'instruction religieuse.

De plus, ce règlement prévoit l'insertion d'une récréation toutes les heures pour les élèves du cours élémentaire et du cours moyen, et pour les élèves du cours supérieur une récréation d'un quart d'heure le matin et l'après midi.

Une répartition des disciplines est même prévue pour l'ensemble de la journée de classe.

PAUL GERBOD B.É.C. 1999

 

 

 

 

 

L’enseignement primaire comprend :

-L’instruction morale et civique 

-La lecture et l’écriture 

-La langue et les éléments de la littérature française 

-La géographie, particulièrement celle de la France 

-L’histoire, particulièrement celle de la France jusqu’à nos jours 

-Sciences naturelles physiques et mathématiques

-Dessin, Modelage, Musique 

-La gymnastique 

Pour les garçons, les exercices militaires .

Pour les filles, les travaux à l’aiguille.

La méthode d'apprentissage de lecture au CP en 1900 s'appuie sur des textes patriotiques ( le souvenir de la défaite de 1870 est encore très présent!)

 

La Loi de 1905 et son retentissement à Ray.

Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, ministre de l’Éducation nationale, sépare le clergé et
"la fille aînée de l’Eglise".
(Dessin de Léandre paru dans Le Rire.20/05/1905).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès 1902, la salle d'école de la maison des soeurs étant devenue dangereuse, on s'était mis en quête de trouver une autre lieu de classe pour les filles.

 

Le 15 septembre 1903, l’Inspecteur d’Académie indique qu’il retient la proposition de la commune de louer la maison Grillot , Grande Rue, qui seule pourrait convenir « elle pourra recevoir 25 élèves filles et sera suffisante puisque le maximum d’inscriptions est de 26 et les présences de 19 ».

Les nécessaires travaux d’aménagement doivent être terminés le 1er Octobre!

 

L'école des filles se tiendra dans cette maison jusqu'en 1911 !

C'est en 1903  qu'intervient la laïcisation de l'école des filles de Ray

Le 31.12.1906 les biens de la Fabrique ( entité religieuse gérée conjointement par l'Eglise et la Commune) sont séquestrés en application de la Loi de 1905. Le clergé local ne peut qu'élever une vive protestation.

 

 

 

 

 

 

Il faut entendre par "biens" non seulement les biens matériels situés dans les églises et presbytères ( mobilier, tableaux, statues) mais tous les biens financiers constitués par les dons,  les rentes ,les legs faits à l'Eglise par les fidèles. Des listes seront dressées pour l'ensemble de ses valeurs.

A Ray le clergé fait lire une protestation solennelle, mais à Besançon comme dans de nombreux villages et villes de France des incidents ont lieu. La troupe à cheval interdit la marche de la foule en direction des églises.

 

(à suivre: Le Maire, Duc de Marmier, intente un procès à son propre conseil municipal!)

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